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Bibliothèques de Bourges

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Titre : 
tête en friche (La) / Marie-Sabine Roger
Auteur : 
Editeur : 
Rodez, Ed. du Rouergue, impr. 2008.
Description : 
1 vol. (217 p.) : couv. et jaquette ill. en coul. ; 21 cm
Collection : 
Notes : 
Club-lecture 2009 de la médiathèque
Résumé : 
Germain Chazes, 45 ans, géant et idiot du quartier, vit dans une caravane, au fond du jardin de sa mère, et passe son temps entre le bistrot et le jardin public. C'est là qu'il rencontre Margueritte, une vieille dame très cultivée qui le faire entrer dans le monde des livres et des mots, un monde dont il se méfie. Son rapport aux autres et à lui-même s'en trouve bouleversé.
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Avis des bibliothécaires


Le 05/02/2010 à 16:36, par  IR  (Bourges) : La tête en friche

Quel plaisir de rencontrer Margueritte et Germain, ces deux personnages a priori que tout oppose ! D’ailleurs, c’est bien ce que dénonce l’œuvre de Marie-Sabine Roger : les a priori. Ces petites choses sournoises, filles de la peur et de l’ignorance qui enferment les individus dans des cases, qui les divisent au lieu de les faire se rencontrer. Sa production littéraire, principalement orientée vers la jeunesse parle aussi de cela, des préjugés que l’on acquière déjà très tôt et de l’intérêt qu’il y a s’en débarrasser très vite pour ne pas passer à côté de l’essentiel.
C’est sans doute pour ça aussi que l’on aime La Tête en friche, parce que la rencontre a eu lieu, que de différences est née une belle histoire, parce qu’elle fut donc possible !

Le 02/12/2009 à 10:46, par  Laurence B. (Médiathèque de Sophia Antipolis)  


militant '


L'histoire est simple, c'est bien écrit (et comme ce doit être difficile de se mettre dans la peau et la langue de cet ado de 45 ans qui a un vocabulaire limité), et ça se lit sans arrêt jusqu'au bout. Et cette histoire est un bonheur pour un bibliothécaire : on le savait, mais l'auteur nous le démontre à nouveau (pour les plus érudits, lire les livres de B. Stiegler, et d'autres) que les livres et la lecture changent le regard et le rapport au monde, changent même les mécanisme de fonctionnement du cerveau, notre compréhension de ce et ceux qui nous entourent. C'est presque un livre militant ;-)

Le 29/11/2009 à 18:14, par  Mariane G. (Médiathèque de Sophia Antipolis)  


Bonheur de lire


Ce livre est le rêve de toute bibliothécaire! Comment métamorphoser sa vie et sa propre perception de soi par le réapprentissage de la lecture à un âge avancé' Mais nous on le sait qu'il y a un miracle de la lecture, la difficulté est de coinvaincre les non-lecteurs et ce livre le fait très bien, même si parfois les ficelles sont un peu grosses à mon goût. A mettre entre toutes les mains, de 10 à 120 ans.

Avis des lecteurs


Note moyenne 4/5 (5 avis posté(s))   

Le 27/07/2010 à 18:18, par  clarac  


Germain, 45 ans vit dans une caravane au fond du jardin de sa mère. Il travaille un peu à gauche et à droite, s’occupe de son jardin et passe beaucoup de temps au café avec ses copains. Quand il ne rajoute pas son nom au monument aux morts, il compte les pigeons au parc. Germain est né d’une histoire brève du 14 juillet. Un manque d’amour maternel, un père qu’il n’a jamais connu, il garde de l’enfance l’indifférence de sa mère et les humiliations de son instituteur qui le considérait comme un bon à rien. Alors forcément, Germain n’a jamais eu envie des mots et des livres, il s’en méfie.
« Tout ça pour expliquer qu’à la fin du primaire j’étais plus souvent à la pêche que le cul posé sur un banc. Ce qui fait que plus tard à l’armée, on m’a classé dans les analphabète, nom dans lequel on entend le mot bête, qui résume très bien de ce qu’on pensait de moi, en plus poli. »


Sur un banc du jardin public, il fait la rencontre de Margueritte, 86 ans, frêle et fragile qui est en maison de retraite. Entre eux deux, une histoire d’amitié et de complicité va se nouer.
Cultivée mais pas prétentieuse, elle respecte Germain. Margueritte aime faire la lecture à voix haute et Germain va prendre goût aux mots. Lui qui avait peur de ce savoir va employer des nouveaux mots, citer Camus à ses copains au bistro ce qui donne lieu à des situations drôles. Mais surtout, il va découvrir de nouveaux horizons grâces à la lecture.


Cette histoire est un plaidoyer sans mots savants ou flonflon pour la lecture et la connaissance. Le narrateur est Germain et on suit son cheminement, ses pensées.


Plus on avance dans le livre et plus ses expressions se modifient. Par exemple, il ne dit plus « baiser » mais « faire l’amour ». J’ai trouvé beaucoup de pudeur et de sincérité dans les réflexions de Germain.


« Lorsque j’ai rencontré Margueritte, j’ai trouvé ça compliqué, d’apprendre le savoir. Ensuite, intéressant. Et puis flippant, parce que, se mettre à réfléchir, ça revient à donner des lunettes à un myope. Tout semblait en sympa, tout autour : facile, c’était flou. Et tout d’un coup on voit les fissures, la rouille, les défauts (..) »


« L’affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi et puis ça envahi pire que du chiendent. Ensuite c’est trop tard : le cœur, on ne peut pas le passer au Roundup pour lui désherber la tendresse. »


« La chance, elle est pas communiste ».


http://fibromaman.blogspot.com/

Le 22/06/2010 à 22:28, par  kalimera  


Si vous voulez passer un bon moment, lisez "La tête en friche" de Marie-Sabine Roger ! Vous avez peut-être déjà vu le film de Jean Becker qui en a été tiré avec Depardieu dans le rôle de Germain et Gisèle Casadesus dans celui de Margueritte, mais ce plaisir de lecture ne se refuse pas !
Au menu : humour, tendresse et émotion servis dans une langue simple et populaire. En dessert : l'amour des livres et de la lecture. A savourer sans modération !


Kalimera

Le 25/11/2009 à 00:00, par  Veronique L. (Librairie Dialogues)  


Roman à mettre entre toutes les mains, que vous ayez 15 ou 95 ans ! A première vue, vous penserez à une blague : vocabulaire souvent argotique, langage parlé façon Coluche, scénario simplissime - Germain, 45 ans, une espèce de Candide pas vraiment gâté par la nature, au très très petit Q.I., se prend d'amitié pour Margueritte (avec 2 t) qu'il rencontre au jardin public. La vieille dame (86 ans) va lui faire découvrir la saveur des mots et l'amour de la vie. A y regarder de plus près, le « sketche » pourrait bien être une fable, drôle et tendre, sur le sens de l'existence... Et comme il y est démontré aussi que les livres contribuent à vous rendre plus intelligents et plus heureux, vous imaginez ce qu'il vous reste à faire !

Le 05/10/2009 à 22:26, par  Zhayah  


Une citation (p.205)
"Çà devient vite une habitude, d'être abruti, vous savez? J'en parle un peu par expérience.
D'abord on l'est pas flemme, et puis on reste au ras.
Et puis, un jour en comptant les pigeons, on tombe par coïncidence sur une grand-mère vacante et on finit avec la peste, les Jivaro et ce pauvre monsieur Gary, qui pleure encore sur sa mère. Et cette gamine à Venise sauf qu'en fait c'est dans l'océan. Sans vous parler du dictionnaire qui est quand même un bouquin prenant, vu le temps qu'on y perd pour trouver quelque chose. Et petit à petit on voit plus rien pareil. On s'intéresse plus aux mêmes choses. On baise plus, on fait l'amour. On supporte sa mère. On va dans les bibliothèques

Le 20/02/2009 à 16:19, par  Clarabel  


Germain, quarante-cinq ans, "cent dix kilos de muscles et pas un poil de graisse, un mètre quatre-vingt-neuf sous la toise, le reste à l'avenant", est inculte et analphabète, pas très futé mais pas débile pour autant. Toute son enfance, il a manqué de signes démonstratifs d'affection. A l'école, le maître le traitait comme un abruti et prenait plaisir à l'humilier. Très tôt, donc, il a renoncé aux études, à l'amour. Il exerce des petits boulots, est très habile de ses mains et aime tailler le bois avec son Opinel. Après une cohabitation difficile avec sa mère, Germain a choisi de vivre dans une caravane... au fond du jardin où il cultive ses légumes.


Un jour, dans le parc, il fait la rencontre de Margueritte, une petite vieille qui passe son temps à compter les pigeons. Ce détail les rapproche ; débute alors un timide rapprochement. Presque tous les jours, ils se retrouvent sur le même banc et discutent du bout de gras. De suite, Margueritte lui apparaît épatante, érudite, pleine d'éducation mais qui n'en étale pas. Elle est douce, l'écoute et commence à lui apporter des livres. Germain n'ose pas lui avouer qu'il n'aime pas ça (parce qu'il ne sait pas), par contre il prend plaisir à l'écouter lui faire la lecture à voix haute. Et de fil en aiguille, il imprime et se passionne, en redemande.


Depuis sa rencontre avec Margueritte, les choses ont bougé dans la vie de Germain. Il réfléchit beaucoup, il pense à sa mère, à ses potes de boisson, à sa petite copine Annette, à son père qu'il n'a jamais connu et à son manque de culture. Ce n'est pas qu'il se sent bête, mais floué de n'avoir pas reçu le décodage. Les heures passées à écouter Margueritte lui apprennent la puissance des mots, la liberté que cela offre et toutes les ouvertures possibles.


Sur ce constat, où jamais ne reflète la moindre pointe d'amertume, le roman devient un champ de connaissances qui prouve qu'on a toujours besoin de labourer son savoir. Le narrateur est un brave type qui n'a pas inventé l'eau chaude, on ne sent aucune pointe de misérabilisme derrière son histoire. Au contraire. Son franc-parler donne du peps au récit, c'est aussi assez drôle, avec des réparties pas mal balancées.


Et puis, je ne sais pas si on peut nommer "amitié" ce qui se tisse entre Germain et Margueritte, peut-être une adoption est-elle en cours, après un lent apprentissage. Mais c'est très joli, plein de tendresse et absolument extraordinaire. Cette histoire rappelle aussi la magie des livres et de la lecture - rien que ça, cela ne vous donne pas envie ?

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